Le jour où j'ai fait mon premier trail

Il y a des courses que l’on oubliera sans doute jamais. Qu’il s’agisse d’une course victorieuse, parfois même de la préface d’une nouvelle expérience. Ces courses là ont une place toute particulière dans les mémoires des athlètes. C’était mi-juillet, il y a maintenant quelques années. Ce jour-là j’ai pris le départ de mon premier trail…

Une veille de course agitée

Quand j’y pense…certains se préparaient depuis quelques semaines. Le trail de la Rosière représentait pour eux un réel objectif. Je me souviens, la veille on faisait un barbecue chez des potes. J’ai reçu un appel d’une amie pour me dire qu’elle participait au trail de la Rosière. Il ne lui a fallu qu’une petite minute pour me convaincre de la rejoindre. Cet échange téléphonique et notamment l’heure du réveil à prévoir ne m’a pas fait bouger de mon assiette pleine de merguez. Ce soir-là, le dessert était relativement gourmand d’ailleurs. A 1h du matin, j’ai tout de même insisté pour que l’on rentre. Quelques années plus tard, avec un peu plus d’expérience, j’ai pris conscience que la veille de course était importante. Mais ce jour-là, c’était loin d’être le cas. 

Du départ jusqu'au fort

Le réveil a été un peu brutal il faut bien l’avouer. Arrivée à la Rosière, j’ai récupéré mon dossard. Cela faisait 10 jours que j’avais coupé ma saison d’athlétisme. D’ailleurs, c’est un trail de combien de kilomètre ? Quand je me suis renseignée, on m’a parlé d’une quinzaine de kilomètres sur un parcours que je ne connaissais absolument pas. Je ne savais même pas comment je devais m’échauffer. De mémoire, j’avais couru 10′ avant le départ et fait quelques gammes. J’avais prévu des bâtons, un sac avec de l’eau. Je suis partie sans rien de tout cela décrétant que je n’en aurai pas besoin. Le départ a été donné, je me retrouve au milieu de cette centaine de coureurs, sans vraiment savoir ce que je fais là. La course sera belle, il fait beau et chaud, j’ai prévu de m’arrêter en haut du fort. Il parait qu’il y a le Mont Blanc en toile de fond, l’Italie juste à sa droite. La montée passe relativement vite, j’enquille les 800m de D+. Arrivée au fort, on me signale que je suis la 1ere cadette. C’est décidé, je viendrai admirer le décor un autre jour ! 

Surprise générale

S’il y a bien quelque chose que j’ai retenu de cette course, c’est que je n’étais pas une descendeuse ! Je ne dirai pas qu’il m’a fallu plus de temps pour descendre que pour monter mais c’était relativement catastrophique. D’ailleurs je me voyais arriver une fois la descente terminée. En doublant un monsieur, je me souviens lui avoir demandé où était l’arrivée, que je ne voyais pas l’arche. En souriant, il m’a répondu qu’il restait 4km. Il fallait donc poursuivre cet effort qui commençait à me paraître interminable. Biensur j’avais soif, mais je ne pouvais pas me plaindre, je n’avais pas voulu prendre d’eau au départ. Je me souviens quand j’ai aperçu l’arche d’arrivée en haut de la dernière côte, je me suis dis que plus jamais je reviendrai faire un trail. Passée la ligne, je ne voulais qu’une chose…boire ! Après avoir échangé avec mes amis, ils viennent m’annoncer que je suis 1ere dans ma catégorie et 5e au scratch. Finalement peu m’importait, c’était une belle journée pour courir en montagne.

4 ans plus tard...

Une descente douloureuse, des courbatures pendant quelques jours, mais aussi la liberté que procure cette pratique sportive, voici ce que je retiens de mon premier trail. Finalement, c’est cette sensation de liberté qui m’a fait prendre une autre direction dans l’athlétisme. Deux mois après ce fameux trail, j’ai participé à un autre trail que j’ai de nouveau remporté dans ma catégorie. Mais au delà de la performance, malgré la souffrance que nous impose cette discipline, cette liberté m’est trop précieuse pour ne pas recourir d’autres trails. C’est elle qui me pousse à retrouver les sentiers montagnards. Aujourd’hui la performance a pris un peu plus de place dans ma pratique du trail et de la course en montagne. En 2019, j’ai intégré l’équipe de France de course en montagne.

Il y a des courses que l’on oubliera sans doute jamais. Parfois ce sont des victoires, parfois il s’agit de la préface d’une nouvelle expérience.

Alanis Duc
Photographe Freelance

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